Les métamorphoses du sacré politique entre 1790 et 1801 – De la liturgie politique à la réintégration stratégique du catholicisme (suite)
(2) La théophilanthropie : une religion républicaine rationalisée
Michel Jolland
Pour les Révolutionnaires, la Nation sacralisée (1) a le devoir d’organiser le bien-être de ses citoyens et de promouvoir l’intérêt public, en politique et dans l’administration comme dans la morale et la religion. Instaurés dans une volonté de régénération, le culte de la Raison et celui de l’Être suprême donnent lieu à de grandes fêtes patriotiques, mais leur dimension sacrée, liée essentiellement à la mobilisation et à l’émotion générées par de grandioses événements, n’aboutit pas à la mise en place d’institutions capables d’encadrer durablement la vie religieuse et morale. Après la chute de Robespierre, le Directoire se trouve confronté à la nécessité de stabiliser un espace religieux profondément bouleversé. C’est dans ce contexte que Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux, soutient la diffusion de la théophilanthropie et le culte décadaire (2). Le sacré passe de la liturgie politique événementielle à une religion civile et morale institutionnalisée.
Estampe : Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux. H. Rousseau (dessin graphique), E. Thomas (graveur). Domaine public / Wikimedia commons AduC 204 La Réveillère-Lépaux (L.M., 1753-1824).JPG
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