A Saint-Vérand (38) – Religion contre patrimoine – Le conservatisme au service de l’ignorance
Jacques Roux
Un épisode récent me conduit à m’interroger sur le rôle parfois déplaisant joué par le religieux dans la vie locale. Par « vie locale », terme « bateau » s’il en est, je vise la vie d’un petit village sis en zone rurale, dont Saint-Vérand (Isère) est un parfait exemple. Dans ce village j’ai vécu ma petite enfance et mon adolescence. Ma famille maternelle appartient à son histoire, mon père y est enterré, lui dont les origines, pour partie, se situent en Picardie. Saint-Vérand pour moi ce sont des paysages, des visages et, surtout, des souvenirs. La plupart douloureux et d’une complexité que je peine encore, à la toute fin de mon parcours terrestre, à démêler. Pour ce qui est du religieux, dans ces souvenirs, il y a le pivot central, « le » curé, l’abbé Jasserand, omniprésent et dans le même temps, absolument hors champ pour tout ce qui constituait notre existence familiale, ses difficultés matérielles, ses souffrances morales. Le dirai-je d’entrée ? Il symbolise ce que représentait pour moi le religieux à Saint-Vérand : un vernis sans consistance, mais d’une prétention suffisamment arrogante pour se penser indispensable. Cette prétention n’a pas disparu et c’est elle qui vient à nouveau de se faire entendre, sur un terrain où, pourtant, elle devrait se montrer modeste : la protection de son patrimoine. Patrimoine historique et culturel laissé en jachère. Il aura fallu les travaux de Michel Jolland pour réinstaller le curé Rey dans l’histoire de l’équipement de l’église villageoise (on lui préférait l’Impératrice Eugénie!), et la Notre-Dame de Duilio Donzelli se délite sur son socle ridiculement harnaché.
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