La petite Madone de Saint-Vérand
Son précieux silence

Par Jacques Roux
En cette journée de 15 Août il m’est revenu en mémoire une discrète Madone découverte il y a une dizaine d’années dans une sorte de local/débarras de l’église de Saint-Vérand. Bien qu’elle soit elle-même indifférente à sa destinée et aux aléas qui l’ont conduite à se retrouver abandonnée, comme inutile, en un lieu oublié de tous, j’ai pensé profiter de cette journée consacrée à Celle qui lui sert de modèle pour la mettre sur le devant de la scène. Les personnages mythiques qui hantent notre imaginaire et donnent du sens à nos croyances, il en est ainsi pour le champ religieux, n’existent au quotidien qu’au travers de représentations façonnées au cours de l’histoire. Et même lorsque les images, en tant que telles, sont considérées comme inadéquates, sinon tabous, la représentation construite alors par les discours, les prières, les invocations, n’en est que plus prégnante et puissante, comme si elle s’installait directement au cœur des consciences pour délivrer ses, parfois terribles, messages. La petite Madone abandonnée n’a pas cette prétention. Dans son débarras, comme si de rien n’était, elle continue de porter un paisible message de paix, de recueillement, de silence surtout. Le silence est devenu denrée rare : il faut occuper le terrain. Et moins on pèse en termes d’intériorité, plus on caquète. Branchez vos postes de télé vous comprendrez ce que je veux dire. Ou jetez un œil à ce que l’on a curieusement baptisé les « réseaux sociaux », inépuisable bouillon de culture où mijotent toutes nos niaiseries, prétentions et poussées haineuses. La petite Madone semble si loin de ce cloaque ! C’est pourquoi sans doute elle me paraît, bien que je sois étranger à la foi qui conditionna son existence, précieuse, et mériter qu’on s’intéresse à elle.
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